Source: Une vie pour réussir, 30 mai 2011
J’écrivais dans mon article «
http://une-vie-pour-reussir.com/nos-enfants-nos-maitres/ » à quel point nous
avons du mal à comprendre nos enfants… Si nous partons du principe que nos
enfants sont des êtres sensibles, et qu’à ce titre ils méritent d’être traités
avec respect au même titre que les adultes, alors l’une des clés de l’harmonie
et du bien-être dans la relation parents-enfants, se trouve indéniablement
basée sur la pédagogie dont ils bénéficient à l’école.
Je ne sous-entends pas que dans
les écoles traditionnelles ce ne soit pas le cas. Je sais pour en avoir
rencontrés qu’il y a des enseignants formidables qui savent transmettre leur
passion à leurs élèves…et les écoles sont ce qu’en font les individus qui en ont
la responsabilité, et ce, quelque soit la pédagogie utilisée.
Je me pose plutôt en ancienne
élève et ancienne enseignante de l’éducation nationale, victime, puis témoin
d’un système qui, bien qu’ayant évolué sur certains aspects, reste basé sur les
punitions - récompenses, compare, juge parfois, et met en compétition des
individus. A mon avis, cela ne favorise pas la prise d’initiatives, l’autonomie
et la responsabilisation.
Ne sommes-nous pas plus efficaces
lorsque nous évoluons dans un système basé sur la confiance où les initiatives
sont encouragées ?
J’entends aussi la plainte de parents
désemparés qui remplissent les pages d’internet de leurs demandes de conseils
pour améliorer les conditions de vie scolaire de leurs enfants en souffrance,
et qui se disent confrontés à une machine froide et souvent inhumaine qui va
les entraîner à devenir de bons petits exécutants et les éloigner implacablement
de ce qui fait d’eux des êtres uniques au talent unique, pour les faire entrer
dans un moule, souvent trop étroit pour eux.
J’ai eu la chance de découvrir la
pédagogie Steiner, et un peu la pédagogie Montessori. Bien que connaissant
moins la seconde, l’une comme l’autre sont des alternatives extraordinaires pour
le développement des enfants qui ont la chance de pouvoir évoluer dans de
telles écoles, fondées sur l’écoute et le respect des rythmes et de l’individu.
Je vais choisir ici de vous
parler de la pédagogie Steiner que je connais mieux. Fondée par l’anthroposophe
Rudolf Steiner au début du XX siècle, celle-ci est basée sur l’épanouissement
des potentialités personnelles, l’éveil au monde, et l’ouverture aux autres.
Dans le quotidien, cela se
traduit par un profond respect de la nature de l’enfant, de ses besoins et rythmes
spécifiques, et une attention particulière est accordée à chaque enfant de sorte
qu’il développe un équilibre harmonieux entre physique, psychisme et intellect.
Partant du principe que la plus grande partie de l’énergie de l’enfant pendant
la petite enfance est consacrée au développement de son corps physique, Rudolf
Steiner considère que l’enfant manifestera une volonté d’apprentissage d’autant
plus grande après l’âge de 7 ans s’il a la possibilité de se construire à partir
du jeu libre avant cet âge, respectant ainsi le rythme de croissance du corps
et ses rythmes naturels dans la journée.
L’écoute de l’individu, et le
respect du rythme de l’enfant dans la journée, la semaine, les saisons, et
l’année, ainsi que son ouverture au monde et sa sensibilisation à l’environnement,
sont au centre des préoccupations des pédagogues, convaincus que c’est par lui
que peut s’incarner un monde porteur de valeurs positives. Ainsi au jardin
d’enfants, les enfants se retrouvent chaque matin dans la joie de jouer pour être,
découvrir, faire, comprendre et apprendre autour d’activités telles que :
- La motricité globale : schéma
corporel, équilibre et mouvement, danse, ronde traditionnelle, jeux rythmés…
- La motricité fine : jeux de
nourrice et de doigts, modelage, travaux manuels, dessins, graphisme, cuisine…
- Le rythme : chants, frappés de
mains, jeux de balles et de cordes, table des saisons…
- Le langage : comptines,
histoires, contes, lecture, saynètes, marionnettes…
- La découverte de la nature et
de ses lois : promenades découvertes, jardinage, peinture, constructions dans
l’espace, mathématiques.
- La socialisation : jeu social
créatif, apprentissage des règles de vie sociale, participation aux tâches
domestiques, expression orale…
Cette pédagogie donne une place
égale aux matières littéraires, scientifiques et artistiques, les travaux
manuels étant un support fondamental pour développer des forces de courage, de
patience, de finesse et de persévérance, qui serviront par ricochet le travail des autres matières. Les
élèves apprennent donc avec facilité et plaisir.
Outre le fait que les repas sont
généralement constitués d’aliments biologiques et végétariens, les enfants
évoluent dans un univers d’où les matériaux synthétiques tels que le plastique,
et les aires de jeux classiques sont absents. Ils sont remplacés par des
matières naturelles tels que le bois, la laine, et les trésors cachés dans la
nature, qui seront alors « transformés » par les enfants eux-mêmes.
Observer un moment de la vie d’un
jardin d’enfants peut donner l’impression d’assister à une scène tout droit
sortie de l’histoire de « Peter Pan ». Trois enfants vivent une fabuleuse
aventure sur un océan déchaîné à partir d’un bateau échafaudé par leurs soins
avec quelques bancs et deux
planches, pendant que les plus petits moulent des céréales dans le moulin à
graines et coupent quelques spaghettis de laine pour nourrir les poupées de
chiffon.
Cette pédagogie s’étend jusqu’à
la classe de Première dans certaines écoles. L’objectif final de la pédagogie
étant de préserver l’identité de chaque enfant et et de développer au mieux ce
qui le rend unique et qui sera sa force à l’âge adulte. Il ne s’agit plus là
uniquement de réussir socialement, mais de réussir sa vie ! Ce qui est bien
différent, bien que l’un n’exclut pas l’autre… Il y a quelques années de cela,
le président des Pays-Bas était un ancien élève Steiner !
Si vous souhaitez en savoir plus,
je vous invite à vous rendre sur le site de la Fédération des Ecoles Steiner. Cette
pédagogie, développée dans le monde entier, reste encore méconnue et mal jugée
en France, parce que l’approche est différente. Et tout ce qui est différent
fait peur. Toutefois, des études menées sur des anciens élèves issus de la
pédagogie Steiner, montrent qu’ils semblent mieux s’assumer dans la vie, et
avoir une vie professionnelle plus stable.
Cet article n’est en aucun cas à
considérer comme une forme de publicité pour cette pédagogie, mais juste comme
un partage supplémentaire sur ce qui a éclairé mon chemin et celui de ma
famille à un moment donné. Je ne suis subventionnée par aucune école pour
écrire cet article et je n’ai nullement la prétention de croire que ce système
est meilleur qu’un autre. Il n’y a rien de vraiment parfait où que ce soit. Si
c’était le cas, nous n’aurions plus d’expériences
à vivre ! Chaque école, quelle
qu’elle soit, et quelle que soit la pédagogie utilisée, repose surtout et avant
tout sur ce qu’en font les adultes qui en ont la responsabilité.
J’ai juste beaucoup de tendresse
pour cet enseignement qui prépare avec bienveillance les enfants à l’école de
la vie tout en faisant d’eux des êtres libres et autonomes, et qui a su prendre
le relai du système classique lorsqu’il avait atteint ses limites. Cet enseignement
a su nous apporter l’aide et les réponses dont nous avions besoin à cette
époque. Je me dis que cette information pourra peut-être aider ceux qui, comme
nous, autrefois, étaient en quête de sens par rapport au système éducatif
proposé.
Les enfants d’aujourd’hui seront
les adultes de demain, et donner tous les atouts à nos enfants pour qu’ils puissent
se construire de la meilleure façon qui soit pour eux, semble être la base des
devoirs que nous avons vis-à-vis d’eux...
Mais tout ceci n’est que mon
humble avis et n’engage que moi, et ce, dans le plus profond respect de la
liberté de conscience et de choix de chacun…










