jeudi 7 mars 2013

La vraie crise de l’école

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Par Monique Dagnaud, Directrice de recherches au CNRS - 27 février 2013

Extrait :

« Il est vrai que l’annonce de la moindre réforme, qu’elle soit petite (les rythmes scolaires) ou de plus grande ampleur (allongement de l’année scolaire ou rapprochement des universités et des classes préparatoires), agit comme une décharge électrique sur le milieu enseignant et/ou sur les parents d’élèves, et que cette secousse, et ses effets retour, découragent le plus souvent les ministres de l’Éducation d’aller plus loin. Il est vrai que les élites au pouvoir (droite ou gauche) n’ont jamais souhaité réformer en profondeur l’école française et mettre en cause sa matrice – la sélection précoce des enfants tout au cours de la scolarité première : elle sont elles-mêmes les heureuses élues de ce système, leurs enfants baignent dedans, et donc elles sont convaincues des bienfaits de l’élitiste républicain. Il est vrai que la rigueur budgétaire entrave une transformation du métier d’enseignant avec contrepartie financière – notamment une présence annuelle de plus longue durée dans les établissements et le développement d’un accompagnement personnalisé des élèves. Il est vrai que l’égoïsme des adultes l’emporte souvent sur l’intérêt de la génération montante. Pourtant, à continuer sur cette lancée, il n’y aura bientôt plus que les dirigeants de l’administration et des entreprises, les professeurs et les couches intellectualisées pour encenser un système particulièrement onéreux et générateur de tant de dysfonctionnements économiques et de souffrances.»


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