vendredi 30 mars 2012

The Green School (Bali)



Destination touristique incontournable pour quiconque voudrait visiter l’Indonésie, Bali est une petite île connue pour la richesse inestimable de sa biodiversité et la beauté de ses paysages. Un patrimoine naturel dont la conservation est devenue un enjeu majeur pour les habitants. C’est cependant au Canadien John Hardy que l’on doit la création de l’école internationale de Sibang Kaja, où enseignement traditionnel et sensibilisation aux thématiques écologiques ne font qu’un.

Située en plein coeur de la nature, l’école internationale de John et Cynthia Hardy se veut un lieu de communion avec la nature, un lieu où les élèves apprennent quantité de choses de leur environnement et pour l’environnement. Cet ancien joaillier et sa femme ont revendu leur entreprise en 2008 afin de concrétiser un projet visionnaire qui applique à la lettre les principes du développement durable.
Faire en sorte que les générations futures acquièrent le plus tôt possible une conscience écologique et aient toutes les cartes en main pour se construire un avenir tout en assurant la pérennité des ressources naturelles : telles sont les raisons d’être de cet établissement pas tout à fait comme les autres. Pas question pour autant d’oublier les mathématiques, les langues ou les sciences. L’université de Cambridge reconnaît d’ailleurs les enseignements qui sont dispensés à Sibang Kaja, ce qui atteste de leur qualité.

Priorité au renouvelable
L’école accueille une centaine d’étudiants venus du monde entier âgés de 3 à 14 ans. Parmi eux, 15 à 20 % sont des Indonésiens qui peuvent suivre le programme grâce à des aides financières.
A la base du projet, le bambou, plante présente en abondance sur l’île. John Hardy en a fait le fer de lance de son projet, à juste titre dans la mesure où la plante a une vitesse de croissance et de reproduction particulièrement rapide  – il lui faut un peu moins de trois ans pour devenir adulte – , sans qu’aucun pesticide ne soit utilisé. Elle est en outre à la fois légère et résistante, comme en témoigne le pont qui enjambe la rivière Ayung, véritable ouvrage d’art construit intégralement en bambou. Les chaises, les tables et les autres éléments du mobilier ont eux aussi été fabriqués à partir de cette plante qui ne craint pas l’eau et a une grande capacité d’absorption du CO2.
Les autres constructions ont-elles aussi mobilisé des ressources renouvelables comme la brique et la boue séchée ou encore le bois. « 99 % du campus est conçu à partir de matériaux naturels, à faible émission de carbone et qui ont été récupérés sur l’île », souligne M. Hardy. « On boit notre eau, on sert nos récoltes à la cantine, on produit notre électricité et on bâtit selon les principes du développement durable », se félicite également le fondateur du projet.

Un apprentissage à la fois théorique et sur le terrain
Les élèves sont par ailleurs initiés à l’agriculture biologique et une pépinière de bambou de 15 000 plants a été créée afin de les sensibiliser à la déforestation.
L’originalité de l’établissement réside dans le fait que ses pensionnaires enrichissent leur savoir sur le terrain et pas seulement dans des salles de classe. Leur immersion dans la nature ne signifie pas pour autant qu’ils sont déconnectés du reste du monde. Des ordinateurs sont en effet mis à leur disposition. Cerise sur le gâteau : ces terminaux sont alimentés en électricité par des sources renouvelables, notamment par des panneaux solaires et par une micro-centrale hydroélectrique qui vient d’être inaugurée.
Les élèves sont associés à toutes les expérimentations dans le but d’en faire des citoyens du monde bien informés des enjeux écologiques du XXIe siècle. L’initiative porte en elle un message d’espoir et John Hardy espère qu’elle fera des émules ailleurs sur la planète.
Il n’est un secret pour personne qu’un enfant apprend plus vite et est plus disposé à modifier ses comportements qu’un adulte. L’école de Bali est un modèle du genre et doit être citée en exemple. Multiplier les ateliers dédiés à l’environnement dans les écoles et ainsi mettre la curiosité des enfants au service de la planète serait déjà un grand pas en avant.

Source: ZeGreenWeb










jeudi 29 mars 2012

L'estime de soi des enfants: comment la favoriser?



Adaptation d'une présentation de R. Reasoner 
Source: Pedagonet.com

Caractéristiques d'une faible estime de soi
L'élève :
- a une mauvaise opinion de lui-même, d'elle-même et de ses aptitudes; il ou elle craint d'exprimer ses opinions. 
            
- ne réussit pas bien à l'école; il ou elle se croit incapable de mener à bien ses travaux, peu importe son habileté réelle. 
            
- est timide, a de la difficulté à nouer des rapports, démontre moins de maturité dans son comportement que ses  camarades. 
            
- abandonne facilement, n'arrive pas faire le lien entre travail et succès. 
            
- est d'un tempérament passif et est facilement intimidé; il ou elle préfère "suivre" les autres.

Ce qui nuit à l'estime de soi :
- Une pauvre estime de soi des parents ou des enseignants. 
 
- L'inconstance dans l'application de la discipline. 
 
- L'ambivalence. 
 
- La surprotection. 
 
- Le laisser-faire. 
 
- Les mots qui blessent. 
 
- Les critiques constantes des proches et des amis. 
 
- Le découragement devant les difficultés. 
 
- L'accent mis sur les difficultés plutôt que sur les forces. 
 
- La perception des erreurs comme étant des échecs. 
 
- Les attentes trop ou pas assez grandes. 
 
- Le manque de plaisir et de complicité avec l'enfant.

Comment favoriser l'estime de soi
- Être présent de façon chaleureuse auprès de l'enfant. 
 
- Établir des règles familiales et scolaires peu nombreuses mais claires. 
 
- Faire vivre des conséquences logiques et naturelles suite au manquement à ces règles. 
 
- Contrôler les facteurs de stress chez l'enfant: préparer les changements à l'avance, minimiser le nombre de changements, aider l'enfant à trouver des façons de se calmer lorsqu'il ou elle est stressé(e). 
 
- Être un adulte en qui on peut avoir confiance. 
 
- Souligner les forces de l'enfant. 

- Souligner ses difficultés en ménageant sa fierté et en lui donnant des moyens pour s'améliorer. 
 
- Utiliser un langage valorisant. 
 
- Favoriser l'expression des émotions. 
 
- Permettre une ouverture aux autres. 
 
- Encourager l'enfant à se faire des amis et à gérer lui-même ou elle-même les conflits. 
 
- Susciter sa motivation. 
 
- L'amener à comprendre que les résultats de ses entreprises sont des suites logiques de stratégies et de moyens employés. 
 
- L'amener à accepter les erreurs. 
 
- L'aider à planifier et à être persévérant et persévérante dans la poursuite de ses objectifs. L'inciter à se corriger elle-même ou lui-même. 
 
- Améliorer la relation avec les élèves de la classe 
 
- Essayer d'adopter des attitudes et des attentes positives pour tous les élèves de la classe, même si certains ou certaines sont 
plus méritants et méritantes que d'autres. 
 
- Lorsque possible, trouvez des manières pour laisser les élèves gagner: (exemple: avoir raison, avoir de succès ou faire leur façon), mais sans compromettre le respect de vos normes ou de vos attentes. 
 
- Fournir fréquemment aux élèves des occasions de connaître le succès et de développer un sentiment de compétence. 
 
- Éviter de réagir directement au comportement provocateur, confrontant ou de désobéissance passive manifesté par l'élève. 
 
- Trouver des manières pour féliciter sincèrement les élèves et de leur donner une attention positive de façon régulière. 
 
- Fournir aux élèves de nombreuses occasions de participer en classe, afin de leur donner des chances de réussir et donnez-leur les indices, encouragements, rétroactions, corrections et secondes chances nécessaires. 
 
- Encourager les apprentissages et les comportements positifs des élèves et montrez-vous vraiment intéressé(e) à leur succès.

Dans vos relations avec les élèves, il est essentiel de posséder un bon sens de l'humour, ainsi que d'être capable de rire de vous-même et de voir les drôleries de certaines situations de tous les jours.


La suite - exercices et situations favorisant l'estime de soi -  sur Pedagonet.com





mercredi 28 mars 2012

Alain, Propos sur l'éducation (livre)



Deux volumes ont été regroupés dans cette édition Quadrige publiée pour la première fois en 1986. Les Propos sur l'éducation sont des réflexions générales et théoriques, parfois lapidaires, publiées en un volume en 1932. La Pédagogie enfantine correspond à une série de trente et une leçons ( octobre 1924-juin 1952) rédigées à la demande de la directrice du Collège Sévigné qui souhaitait un cours destiné à ses élèves, futures "jardinière d'enfants". "Ce texte assurera une meilleure intelligence des Propos, dans la mesure où il en explicite la cohérence doctrinale et l'assise philosophique" note Robert Bourgne dans un Avertissement.

Biographie de l'auteur
Alain, élève de Jules Lagneau, enseigna la philosophie dans des lycées de province puis de Paris, tout en publiant, dans différentes revues, ses Propos et d'autres textes. S'appuyant sur les grands auteurs qu'il n'a cessé de relire et méditer, Alain, en philosophe et en humaniste, a fait œuvre d'éducateur.

Introduction
L’éducation consiste à faire passer un individu de l’enfance à l’adulte et à l’intégrer dans la société. Par quels moyens ? Des moyens de culture, par l’apprentissage de valeurs communes à la société ou par l’apprentissage de savoirs (mathématiques, histoire, etc.). L’éducation forme des individus, transforme des esprits. L’éducation, qui peut être pratique ou théorique, peut être donnée par la famille ou par l’école. Dans les sociétés modernes, on charge l’école d’assumer (quasiment) toute l’éducation.
Le premier paragraphe de notre texte expose la thèse selon laquelle on pourrait apprendre en jouant : le jeu et l’étude ne seraient alors pas distincts. Si l’on peut retenir l’attention d’un enfant, si on l’intéresse, alors il sera intéressé, il sera « excité » (comme le jeu qui permet cette excitation). Le professeur est alors transformé en animateur. (1er §)
Pour Alain, la pédagogie ne doit pas se fonder sur l’intérêt de l’enfant mais sur son futur état d’homme. On devrait donc s’adresser à un enfant comme à un adulte car l’enfant aspire à grandir. Cette thèse suppose que l’enfant a le désir d’apprendre. Alain compare alors l’enfance à la vie végétative, au sommeil : l’enfant doit sortir de cet état végétatif, par l’effort, et grâce à l’instruction. (2e §)
L’intérêt, dans le jeu, doit être accompagné de plaisir. Les hommes ont un intérêt pour beaucoup de choses, mais c’est un intérêt immédiat ; le rôle du professeur est d’intéresser l’enfant à des choses qui ne l’intéressent pas immédiatement. Il s’agit donc d’intéresser non pas par plaisir, mais par volonté : l’enfant doit surmonter son déplaisir. (3e §)
L’éducation est une formation de la conscience. Alain suppose une attitude d’humilité chez l’enfant : il faut qu’il ait conscience qu’il ne sait (presque) rien et qu’il a encore beaucoup à apprendre. Car, bien souvent, les enfants, les adultes aussi, croient qu’ils savent beaucoup de choses dès lors qu’ils connaissent quelques petites choses (illusion). C’est au professeur de faire naître la volonté d’apprendre à l’enfant. Enfin, l’éducation doit être répressive en ce sens qu’elle doit contraindre notre nature animale. (4e §)

Alain, Propos sur l’éducation suivis de Pédagogie enfantine. Presses Universitaires de France. 2005. 14€

mardi 27 mars 2012

Cartes Habitat



Un bel outil pédagogique pour prendre conscience des enjeux environnementaux de notre époque et sensibiliser petits et grands aux rapports entre les êtres humains et la nature. 



Les motifs d’HABITAT sont clairs, univoques et représentent des scènes bien précises. Celles-ci sont en partie documentaires, en partie  métaphoriques et mystiques, et souvent abondamment détaillées, tantôt sérieuses, tantôt amusantes. Les cartes mettent en scène le vaste spectre de nos rapports avec la nature, à des époques différentes et dans des cultures diverses. Elles abordent le thème de la nature violée, de l’inexorable processus de destruction, qui inclut aussi l’homme. 

Les cartes génèrent des associations qui sondent notre attitude à l’égard de la nature et nous aident au moins à commencer à en prendre conscience. 



Chaque être humain et chaque culture adopte une attitude particulière par rapport à son environnement naturel. Les cartes du jeu HABITAT veulent nous inciter de manière ludique à dépasser ce cadre-là et à trouver des interconnections et des réseaux dans notre environnement.


Un jeu qui plaît aux jeunes !

Christian Gronau aime tous les animaux et certains humains. Il a peint les cartes HABITAT au Canada dans le calme d´une petite maison de bois isolée. Christian a quitté l´Allemagne après avoir terminé ses études de géologie pour pouvoir découvrir des terres inhabitées. Il établit domicile avec sa femme Aileen Douglas, une écossaise, sur une petite île, sa nouvelle patrie; ils y vivent depuis plus de 20 ans entre l´eau salée et les étangs de castors.

Cette vie au milieu de la nature leur a permis de conserver leur sensibilité envers toutes les autres formes de vie et d’existence – ce qui de nos jours devient de plus en plus rare. 
Ainsi, les images de HABITAT expriment leur préoccupation par rapport à la responsabilité des hommes. Les photos de RACCOON ont été prises dans leur environnement immédiat, où Christian et Aileen peuvent observer les animaux sans les effaroucher.

(présentation de l’éditeur)

Cartes Habitat, de Christian Gronau, Ed. OH Verlag, 88 cartes, 19€

dimanche 25 mars 2012

Simplicité et Merveilles


"Garde ta vie aussi simple que possible et jouis à plein des merveilles et des beautés simples qui sont là pour être partagées par tous, mais qui sont si souvent prises comme allant de soi. Sois comme un enfant, capable de voir et d'apprécier dans la vie ces petites merveilles insignifiantes en apparence: la beauté d'une fleur, le chant d'un oiseau, la gloire d'un lever de soleil, les gouttes de pluie coulant le long d'un carreau. Elles sont simples et pourtant si belles quand tu les regardes avec des yeux qui voient vraiment, quand tu cesses de traverser la vie avec une telle précipitation que tu oublies de les remarquer.
Vois-tu Mes merveilles et Mes beautés tout autour de toi? Ou est-ce que ton esprit est si préoccupé par les soucis quotidiens que tu es aveugle, sourd et accablé, et que tu ne vois rien, tellement tu es refermé sur toi-même? Pourquoi ne pas essayer, aujourd'hui, de rester constamment attentif à ce qui se passe autour de toi?"

Eileen Caddy, La Petite Voix

S'adapter


« Vous dites : c’est fatigant de fréquenter les enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez parce qu’il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s’incliner, se courber, se faire petit. 

Là, vous avez tort. Ce n’est pas cela qui fatigue le plus. 

C’est plutôt le fait d’être obligé de s’élever jusqu’à la hauteur de leurs sentiments, de s’étirer, de s’allonger, de se hisser sur la pointe des pieds pour ne pas les blesser. »

Janusz Korczak, Quand je redeviendrai petit, 1942.

samedi 24 mars 2012

Le sac éveil musical



Cette collection d'instruments de musique et de sons offre aux jeunes enfants l'émerveillement d'une première rencontre avec des créations sonores originales. Chacun de ces articles est facile à manipuler et ne nécessite que peu d'instructions.
 L'enfant apprend que les instruments ne sont pas de simples jouets mais qu'ils invitent à une manipulation respectueuse et soigneuse.
 Tous les petits instruments peuvent être joués spontanément pour le pur plaisir de créer.
 A travers le jeu rythmique avec d'autres enfants, la magie de la musique peut se développer dans le coeur et la main de chacun.
Tous les instruments sont fabriqués avec des matériaux naturels endémiques dans la logique de développement durable.
Les sacs sont fabriqués à Auroville en Inde dans un centre de recherche sonore, ils ont inventé l'anantar, le tuballophone, le metallophone... Il comprend 12 instruments.

Le sac éveil musical pour enfant. Mandalia Music, 139€ 




jeudi 22 mars 2012

L'éducation au risque du spirituel (livre)



Alors que l'on se presse aujourd'hui aux conférences du Dalaï-Lama ou pour voir Des hommes et des dieux, notre système éducatif paraît étrangement sourd à cet attrait pour le spirituel et à la richesse des grandes traditions. Comme figé dans des combats d'un autre âge. Philippe Filliot propose une autre vision de l'éducation, curieuse, ouverte, débarrassée de ses préjugés. En faisant le détour par les spiritualités, en explorant les rapports entre Occident et Orient, il voit sous un angle inédit les défis de l'éducation et l'urgence de renouveler la pédagogie. Dans ce dehors de l'univers scolaire qu'est l'approche spirituelle, comment caractériser la relation du maître, de l'élève et du savoir ? Au-delà des spécificités historiques et culturelles, quel modèle de pensée pédagogique ressort de l'"éducation spirituelle" ? Comment, enfin, transposer au sein de la laïcité des éléments de spiritualité pour une éducation de notre temps ?

Biographie de l'auteur
Philippe Filliot est professeur agrégé d'arts plastiques à l'IUFM de Reims, docteur en sciences de l'éducation, chargé de cours à Paris-VIII.


Philippe Filliot, L'éducation au risque du spirituel. 2011. Editions Desclée de Brouwer. 21€.

mercredi 21 mars 2012

Journée Internationale de la Poésie

Aujourd'hui, 21 mars, Journée Internationale de la Poésie...  Et retour du Printemps!

"D'où l'importance capitale de la culture esthétique qui nourrit ce qui est pour moi la poésie de la vie. La prose, c'est-à-dire l'inévitable et l'obligatoire, sans joie, est ce qui peut nous faire survivre et nous empêche dvivre vraimentVivre vraiment, c'est vivre poétiquement c'est-à-dire dans l'épanouissement de soi, la communauté, l'amour, la participation à autrui et au monde."
Edgar Morin


La nécessité de s'émouvoir, toujours s'émouvoir, de tout et de rien. De l'immensité, et du très bas. Choisir la joie, incarner son bonheur... Accueillir ce qui est, infiniment, profondément... 

Créer une école alternative



Une école alternative est une école centrée sur le développement de l'ensemble des ressources personnelles de l'étudiant. Elle respecte son rythme et son style d'apprentissage.

La gamme des expériences pédagogiques commence de l'enseignement précoce des langues au décloisonnement des matières en passant par l'apprentissage selon certaines méthodes de l'éducation nouvelle (Montessori, Freinet, pédagogie de projet...etc.).

Ces pratiques peuvent se rencontrer dans des écoles publiques expérimentales dans une perspective de démocratisation du système scolaire, de respect des différences individuelles et collectives. Ces écoles optent pour une plus grande participation des parents à la gestion des institutions scolaires.
Dans le secteur des écoles non publiques, privées, très souvent installées à l'initiative de parents d'élèves, la pratique pédagogique reprend des éléments pédagogiques bien connus de l'ancienne et de la nouvelle éducation. C'est le cas, par exemple, de Schola Nova, école internationale, qui, tout en conservant le principe des anciennes Humanités gréco-latines, pratique des méthodes absolument révolutionnaires tel le latin moderne employé comme langue de communication. Ceci donne une spécificité prononcée de l'école dans son contexte social.

Dans les deux cas, elles visent à créer un milieu de vie communautaire au sein duquel l'école et le milieu familial sont vécus en continuité, un milieu où les parents participent activement comme coéducateurs et coadministrateurs. L'école évolue et s'adapte en fonction des personnes qui la composent.

  • Mise en pratique

Les écoles alternatives favorisent l'apprentissage. Certaines écoles appliquent des méthodes d'apprentissages bien définies qu'ils considèrent comme étant les plus adaptées.

C'est le cas par exemple des écoles Steiner-Waldorf qui estiment que le développement de l'enfant passe par des étapes bien précises auxquelles l'enseignement doit s'adapter, ou dans une moindre mesure des écoles Montessori, qui accordent beaucoup d'importance au matériel d'éveil créé par cette pédagogue.
D'autres considèrent que leur spécificité est avant tout un état d'esprit considérant l'enfant comme "acteur de ses apprentissages" et s'inspirent de diverses méthodes actives telles que celles de Freinet, et de Schola Nova.

Ceci explique la grande diversité des pratiques que l'on peut trouver dans des établissements qui pourtant se réclament de la même souche pédagogique ou théorique ; leur référence se fait plus spécialement grâce à leur ambiance locale qu'à leur appartenance à une doctrine ou à une conviction pédagogique.
On peut aussi supposer dans certains cas que le besoin d'une plus grande autonomisation de l'institution locale fut assez souvent le mobile principal et initial pour l'engagement dans une innovation pédagogique, bien plus que la conviction au point de vue du contenu et de la problématique pédagogique.

  • Créer son école - Toutes les informations juridiques et pratiques

Le but de ce site est de vous permettre de créer votre propre école indépendante, que vous pourrez organiser entièrement selon les besoins de vos enfants ou de vos élèves (programmes, manuels, méthodes, horaires, professeurs).


  • L'école à la maison, pour un rythme plus cool

Sachant que ce n'est pas l'école mais l'éducation qui est obligatoire de 6 à 16 ans, l'école à la maison ou le home-schooling rencontre de plus en plus d'adeptes.

> Concrètement ? 
Il faut demander un certificat de radiation à l'école où l'enfant était suivi. L'un des parents (ou les deux) enseigne les matières contenues dans le programme de l'Education nationale.
Une fois par an, il y a une visite du délégué de l'inspection académique accompagné d'un instituteur de primaire, qui vérifie que l'instruction dispensée est bien adaptée à l'âge de l'enfant et qu'il a acquis les connaissances nécessaires.


  • L'école Coquelicot : une école différente

Vous avez dit "école différente" ?
Depuis septembre 2003, l'école Coquelicot est une réalité. Cette année, six familles pour 11 enfants de 4 à 7 ans et une enseignante à temps plein font vivre cette petite école rurale, posée entre Rennes et Châteaubriant.
Comme dans tout domaine de l'existence, la recherche d'un "mieux pédagogique", comme dans toutes les démarches alternatives, se traduit par une différenciation vis a vis du mouvement majoritaire. Et cela suscite certes des satisfations, mais aussi des difficultés !


Sources:

Source : Mili-Terre

mardi 20 mars 2012

Le printemps de l'éducation (initiative)



Quelle éducation préparons-nous, pour que les enfants de notre Terre grandissent en humanité et déploient tout leur potentiel de vie, de créativité, dans la paix, la joie, l’harmonie, pour le bien commun de tous les peuples ?
Nous sommes convaincus que les enseignants, les parents, les éducateurs, ceux qui sont dans le métier de la transmission, ont besoin aujourd’hui de partager leurs rêves, leurs expériences, pour mutualiser leurs actions et contribuer à transformer en profondeur les pratiques éducatives, la transmission des savoirs et l’ensemble du système qui organise ces pratiques.

« Le Printemps de l’éducation » agit pour :
  • Relier les initiatives innovantes déjà en cours
  • Partager les connaissances et savoir-faire en matière d’éducation et   pédagogie
  • Communiquer les bonnes pratiques
  • Informer les enseignants, parents, étudiants
  • Solliciter et les acteurs du changement du système éducatif
  • Soutenir la recherche et la formation dans l’innovation
  • Nourrir le changement des politiques éducatives
Nous invitons tous ceux qui le désirent, à venir rejoindre ce collectif composé d’individus et d’organisations qui se relient de manière informelle et libre pour impulser ce qui pourrait devenir un mouvement culturel et politique. Ensemble faisons « mouvement», faisons connaître tous ceux qui aujourd’hui dans les écoles de France, d’Europe, et de la Planète innovent et font grimper joyeusement le « thermomètre des indicateurs du bonheur » des enfants, des enseignants et des parents.

lundi 19 mars 2012

La véritable nature de l'enfant: choisir l'amour pour guide (livre)



Cet ouvrage est la traduction très attendue en français de The Natural Child : parenting from the heart, un recueil de chroniques écrites par Jan Hunt entre 1989 et 1999 pour le magazine canadien Natural Life. Elle y aborde des thèmes de la vie quotidienne aussi variés que l'usage du berceau, les relations au personnel soignant, les récompenses, les punitions, les pleurs, les apprentissages... Bienveillante et sereine, Jan Hunt remet en question les pratiques les plus établies en matière de parentage. Son style limpide et joyeux nous engage avec optimisme sur la voie du respect et de l'amour. Notre société considère que les enfants et les adultes fonctionnent en suivant des codes de conduite distincts. En tant qu'adultes, nous savons que nous nous conduisons de notre mieux lorsque nous sommes traités avec bonté, patience et compréhension. Et pourtant, nous supposons que les enfants se conduisent de leur mieux lorsqu'ils sont menacés, punis et humiliés. Si nous essayons de déterminer l'âge à partir duquel s'effectue cette mystérieuse transformation d'un "code de conduite enfantin" en un "code de conduite adulte" nous sommes désemparés, parce qu'il n'existe rien de tel ! Il n'y a aucune différence entre la façon dont les enfants et les adultes se conduisent : nous nous comportons tous de la manière dont nous sommes traités.

Biographie de l'auteur
Jan Hunt est une figure marquante du mouvement "attachment parenting" Elle prône l'éducation dans la paix, le respect et la dignité. Psychologue, elle soutient et conseille les parents, notamment au travers de son site Natural Child Project. Ecrivain, elle publie des articles inspirants pour toutes les situations de la vie aux côtés des enfants. Son travail est reconnu et apprécié par des auteures telles que Alice Miller et Peggy O'Mara. Alice Miller a inclus un article de Jan Hunt, 10 raisons de ne pas frapper son enfant, dans son livre Abattre le mur du silence (Aubier, 1991). Peggy O'Mara, la rédactrice en chef du célèbre magazine américain Mothering a écrit "Jan Hunt dit ce qu'est la véritable nature de l'enfant". Jan Hunt vit dans l'Oregon, USA.

Jan Hunt, La véritable nature de l’enfant : Choisir l’amour pour guide. 2007. Editions L'Instant Présent. 17,90€

dimanche 18 mars 2012

Trouble du déficit de l'attention: méditation et non médication

Contre le trouble du déficit de l'attention, il existe de nombreuses solutions ou remèdes, qui ne nécessite aucun recours à une médication lourde (sans parler des effets secondaires dont on parle peu). Entre autres, cette piste, la méditation.

Par ailleurs, entourer l'enfant de matières naturelles, de couleurs claires dans l'habitation, limiter l'accès aux technologies (jeux vidéos, ordinateurs, télévision), ou encore privilégier une nourriture saine et naturelle sont également des éléments importants à prendre en compte.


vendredi 16 mars 2012

Aelita Andre, artiste peintre depuis ses 9 mois


A 5 ans, Aelita Andre est artiste-peintre et connue mondialement, participant à des expositions tout autour du monde. D'origine russe, Aelita vit en Australie avec ses parents. Née en 2007, elle peint depuis l'âge de 9 mois, et réalise ses premières expositions à 2 ans  en Chine et en Australie.

Ses tableaux sont particulièrement inspirés. Pour les réaliser, elle se laisse aller à une chorégraphie libre ; elle tourbillone, tourne autour de la toile, s'arrête ici, reprend là-bas,...
Sa technique fait penser au dripping et au pourring de Pollock: des gouttes, des échappées de couleurs qui se superposent pour former une abstraction colorée. Aelita fait preuve d'une belle maîtrise de l'espace. On parle de son art comme d'un expressionnisme abstrait, baigné de surréalisme et d'influences telles que Picasso ou Dali.
Parfois, Aelita intègre des éléments naturels dans ses toiles, comme des écorces, brindilles ou encore des plumes. Il lui arrive aussi de récupérer ses jouets d'enfants (des billes, étoiles, petits personnages) pour les détourner dans son art.

Qu'on ne s'y trompe pas, le travail est certes léger et insouciant, mais il est également puissant et profond.  

Ses oeuvres portent des noms tels que "Asteroid", "The leopard and the luck dragon", "The dog and te alien", "Coral nebula", "Butterfly nebula", "Fairytopia",... Ses toiles parlent donc d'imaginaire, de l'espace, d'autres mondes lointains. Les spécialistes parlent de l'inconscient. Mais s'il s'agissait d'autre chose?

Ses parents, Nikka Kalashnikova et Michael Andre, artistes peintres également, ne l'ont pas inspirée directement, bien qu'Aelita les ait vu peindre régulièrement. En réalité, leur rôle a tout simplement été de mettre disposition de leur enfant un espace, de nombreuses couleurs, des toiles et surtout la liberté d'être qui elle est, sans jugement, sans limites, de créer ce qu'elle avait envie de créer. 

Le monde de l'art s'étonne. Certes, tous les enfants ne réalisent pas de telles prouesses, mais leur en a-t-on seulement laissé la possibilité? Et si nous ouvrions les possibles avec nos enfants, et que nous mettions à disposition, comme les parents d'Aelita, de quoi créer, explorer leur être? Non pas des cahiers de coloriages ou ce genre de pratiques qui limitent la créativité et l'imagination des enfants, mais des médiums qui ouvrent toutes les perspectives. Tous petits déjà, les enfants ont beaucoup de choses à raconter, et certains le feront avec joie par la peinture. 

Joie, Liberté, Puissance, voilà ce que m'inspirent les toiles d'Aelita.

Le site officiel d'Aelita Andre





mercredi 14 mars 2012

Libres enfants de Summehill (livre)



Tandis que la doctrine classique conçoit la discipline comme le moyen de l'instruction, Neill défend l'idéal d'une école où l'enfant puisse librement exercer ses facultés et choisir selon ses penchants son objet d'étude. Cet enseignement à la carte, fait pour des élèves dont la spontanéité créatrice aurait été brisée par les contraintes des programmes d'institutions normatives, aurait trouvé, dans le centre de Summerhill, l'occasion d'une expérimentation inédite et réussie. Relatant de nombreux sauvetages pédagogiques, l'auteur ne prétend pas néanmoins universaliser un modèle d'éducation.
Livre-culte d'adolescents et de pédagogues à la recherche d'innovations, cet ouvrage porte l'empreinte d'une idéologie libertaire, devenue dominante depuis 1968. La dénonciation de la violence institutionnelle est au centre de cet ouvrage. Or, le problème central de l'école est désormais moins l'excès d'autorité que son dépérissement. Aujourd'hui, ce témoignage suscitera des réflexions contradictoires sur les choix pédagogiques : que choisir entre la liberté et la contrainte ? --Paul Klein

Présentation de l'éditeur
"Summerhill, c'est l'aventure d'une école autogérée fondée en 1921 dfans la région de Londres. Son fondateur, le psychanalyste A.S. Neill (1883-1973), a mis les découvertes psychanalytiques au service de l'éducation. Il s'est dressé contre l'école traditionnelle soucieuse d'instruire mais non pas d'éduqyer. Il s'est dressé contre les parents hantés par le critère de succès (l'argent). Il s'est insurgé contre un système social qui forme, dit-il, des individus "manipulés" et dociles, nécessaires à l'ensemble bureaucratique hautement hiérarchisé de notre ère industrielle." Maud Mannoni

Biographie de l'auteur
Alexander S. Neill (1883-1973) était psychanalyste. Il a notamment publié La Liberté, pas l'anarchie (1966 ; traduction française, Payot, 1970).

Alexander S. Neill, Libres enfants de Summerhill. 2004. Ed. La découverte. 13€

mardi 13 mars 2012

Eduquer ou apprendre? Revue Silence



Revue à télécharger intégralement

Éditorial
Éduquer ou apprendre ?
Il n’est de question (santé, consommation, gouvernement (1), alimentation, civilité, chômage, etc.) dont on ne finisse par dire qu’on la règlera par l’éducation — celle des plus jeunes ou celle des adultes. D’autre part, nous avons tous été éduqués et nous en gardons un souvenir intime et vivace. Voilà pourquoi l’éducation — passée, présente ou à venir — est un sujet largement partagé
et avec une passion étonnante : l’éducation explique, en effet, notre état actuel et elle ne concerne rien de moins que l’avenir de mon enfant, de moi-même et de l’humanité. De là aussi notre insatisfaction : pas assez ceci, pas assez cela… pour nos aspirations si intimes et si sensibles. Si le malaise est notoire (2), sa nature et ses sources n’en sont pas clairement identifiées. Aussi les solutions, lorsqu’elles sont proposées, en toute bonne foi, ne résolvent pas pour autant le problème — quand elles ne l’exacerbent !
Pourtant, apprendre est un acte inné, naturel, tout comme respirer ou digérer. C’est en se rapprochant au plus près de sa nature que l’on peut espérer le libérer des entraves ou des carcans qu’à bien des égards sont devenues les éducations. Envisager le meilleur acte d’éduquer possible passe donc par une conscience et une connaissance profondes de ce qu’est l’acte d’apprendre.
Ce dossier de S!lence entend y contribuer et présente quelques démarches différentes au sein de l'éducation nationale, ainsi qu’une réflexion plus générale pour aller vers une éco-éducation.
Jean-Pierre Lepri
1. Le gouvernement parle de "faire davantage de pédagogie" pour faire mieux comprendre ses mesures.
2. Voir Eva Balint, L’Enfant malade de l’école, L’Harmattan, 2004 ; Anny Cordié, Malaise chez l’enseignant, Seuil, 2000 ; Laurence Janot, Le Stress des enseignants, Armand Colin, 2008 ; Françoise Lanteaume, La Souffrance des enseignants, P.U.F., 2008 ; ainsi que les différentes manifs (lycéens, étudiants, enseignants, chercheurs…), en février-mars 2009, et les plus de deux mille enseignants "désobéisseurs" : http://resistancepedagogique.blog4ever.com.

Les écoles Krishnamurti




S’il se méfiait terriblement des croyances et des enthousiasmes idéologiques, qui aliènent si facilement la créature humaine et font le lit des totalitarismes d’où qu’ils viennent, Krishnamurti n’en resta pas pour autant coincé dans une vision exclusivement critique du monde. Il accepta de s’engager. Son engagement principal s’adressa aux enfants et aux jeunes : il fonda plusieurs écoles, en Angleterre, aux Etats-Unis et en Inde. « Ces écoles, disait-il, ont pour préoccupation de susciter l’apparition d’une nouvelle génération d’êtres humains, libres de toute action égocentrique. Aucun autre centre d’éducation ne s’en soucie, et c’est à nous autres, éducateurs, qu’incombe la tâche de susciter l’émergence d’un esprit sans conflit intérieur, et ainsi de mettre fin aux conflits dans le monde qui nous entoure... » Vingt ans après la mort du visionnaire, il serait intéressant que l’expérience de ces écoles profite à tous les pédagogues - au-delà des pionniers, privilégiés et anglo-saxons (une année scolaire coûte au minimum 10 000 euros) qui les ont inaugurées. Si Platon ou Rabelais vivaient à notre époque, nous serions intéressés de savoir comment ils organisent leurs écoles, nonobstant le caractère élitiste de l’entreprise : celle-ci pourrait être considérée comme un banc d’essai. Voici donc, très concrètement, les « fiches techniques » des écoles Krishnamurti.

  •  Des objectifs révolutionnaires

Les objectifs de ces écoles ne peuvent être mieux définis que par Krishnamurti lui-même.
Voici donc tout d’abord des extraits de lettres qu’il écrivit aux écoles qu’il fonda :
« Comme je voudrais rester en contact avec toutes les écoles en Inde, avec celles de Brockwood Park en Angleterre, d’Oak Grove à Ojaï en Californie et de Wolf Lake au Canada, je me propose de leur adresser une lettre chaque quinzaine, et cela le plus longtemps possible. « L’épanouissement est quelque chose de vraiment important, sinon l’éducation devient simplement un processus mécanique orienté vers une carrière, une profession. Dans la société telle qu’elle existe actuellement il est inévitable de se préoccuper de carrière et de profession, mais si nous leur consacrons tous nos efforts, alors la liberté de s’épanouir s’étiolera peu à peu. Nous avons accordé bien trop d’importance aux examens et aux diplômes. Ce n’est pas là le but essentiel pour lequel ces écoles ont été fondées, ce qui ne veut pas dire que le niveau scolaire des élèves y sera moins bon. Au contraire, l’épanouissement du professeur et de l’élève, la carrière et la profession prendront leur juste place.
« Ces écoles existent essentiellement pour aider à la fois l’élève et l’éducateur à s’épanouir dans la bonté. Cela exige l’excellence dans le comportement, les actes et les relations.
C’est vers quoi nous tendons et c’est pourquoi ces écoles ont été créées, non pas pour former de simples carriéristes, mais pour promouvoir l’excellence de l’esprit. L’épanouissement de la bonté ne réside pas dans le fait de connaître les mathématiques et la biologie ou de passer des examens et de faire une belle carrière. Il existe en dehors de cela et quand il y a cet épanouissement, le métier et les autres activités nécessaires sont transformés par sa beauté. Actuellement nous accordons de l’importance à l’un en négligeant entièrement l’autre, c’est-à-dire l’épanouissement. Dans nos écoles, nous essayons de mener les deux choses de front, non pas artificiellement ni selon un principe ou un modèle, mais parce que vous voyez comme une absolue vérité, que ces deux choses doivent aller de pair pour que l’homme puisse se régénérer.
« Une école doit être un lieu où l’enseignant et l’enseigné explorent non seulement le monde extérieur, le monde du savoir, mais aussi leur propre pensée, leur propre comportement.
À partir de là, ils commencent à découvrir leur conditionnement et comment celui-ci déforme leur pensée. Ce conditionnement est le moi auquel on accorde une importance considérable et cruelle. La libération du conditionnement et de ses souffrances commence avec cette prise de conscience. Ce n’est que dans une telle liberté que l’on peut véritablement apprendre. Dans ces écoles, il est de la responsabilité de l’enseignant de poursuivre avec l’élève une exploration prudente des implications du conditionnement et ainsi d’y mettre fin.
« C’est donc par vous que nous commençons, par vous l’élève surtout, et aussi l’éducateur qui vous aide à vous connaître vous-même. C’est là le rôle de toute éducation. Nous avons besoin de créer une bonne société dans laquelle tous les êtres humains puissent vivre heureux et en paix, sans violence, en sécurité. C’est vous, les élèves, qui portez cette responsabilité. Une bonne société ne se crée pas grâce à quelque idéal, à un héros ou à un chef, ou à quelque système soigneusement élaboré. Il vous faut être bons parce que vous êtes l’avenir, vous ferez le monde, soit tel qu’il est en le modifiant, soit comme un monde dans lequel vous et les autres pourrez vivre sans guerres, sans brutalité, avec générosité et affection. »


  • Le centre éducatif de Brockwood Park

Le Centre éducatif Krishnamurti de Brockwood Park, en Angleterre, a été fondé en 1969, pour donner la possibilité aux élèves et au personnel, venant du monde entier, « d’explorer leur propre nature et celle de l’humanité. » L’enseignement y est centré sur la vie considérée comme un tout. Les matières scolaires y ont une place importante, mais elles n’en constituent qu’une part, dans un processus continu qui englobe bien d’autres transmissions. Une telle façon d’apprendre peut non seulement amener un plus grand épanouissement des capacités de l’élève et de l’éducateur, mais peut-être aussi une compréhension profonde de ce que doit être « une vie correcte » et « l’épanouissement dans la bonté », de se libérer de la peur, du conflit et de toutes les autres formes de conditionnement et finalement d’entraîner un changement fondamental dans l’esprit humain.
Ce centre est situé dans les collines du Hampshire, au sud de l’Angleterre. Le bâtiment principal est un grand et beau manoir géorgien construit en 1769, il est entouré d’un parc planté de magnifiques arbres rares venus des quatre coins du monde. C’est évidemment un cadre idéal pour la soixantaine d’étudiants très privilégiés et la trentaine de membres du personnel venus à Brockwood de plus de vingt pays différents.
L’âge des élèves va de 14 à 25 ans environ, les plus jeunes suivent des cours qui préparent à l’Université tandis que les plus âgés suivent les cours de l’Université. Ceux qui préparent l’entrée à l’Université peuvent passer les examens requis pour les Universités anglaises et la plupart des Universités européennes ou bien ils peuvent préparer l’entrée aux Universités américaines...
Les classes contiennent en moyenne trois ou quatre élèves et beaucoup ont des cours particuliers dans certaines matières. En dehors des matières nécessaires aux examens, il y a peu de cours fixes. À leur place, en début d’année, les étudiants et le personnel collaborent pour créer les cours qui répondent aux intérêts et aux demandes des étudiants. A Brockwood - dans la mesure où il y a un petit nombre d’étudiants appartenant à une tranche d’âge très large et venant de milieux culturels et éducatifs extraordinairement variés - il n’y a pas deux étudiants pareils et il serait impossible d’établir un plan d’étude qui convienne à chacun. Donc, si l’on garde à l’esprit qu’une éducation complète favorise le développement des divers aspects du cerveau et des aptitudes de l’individu et si l’on se souvient que la vie est un tout, même si la spécialisation a bien sa place et qu’il n’y a pas de meilleure façon de l’aborder que globalement, des programmes d’études individuels et même souvent des cours particuliers sont créés pour chaque étudiant. Il n’est pas rare de voir plus de 130 cours pour une soixantaine d’étudiants.
Les étudiants et le personnel vivent, travaillent et jouent ensemble, en s’efforçant de comprendre l’enseignement de Krishnamurti et de le vivre dans leur quotidien. On demande à chacun d’être pleinement responsable de ses actes tout en restant soucieux du bien de toute la communauté. On demande aussi à chacun d’explorer les aspects les plus profonds de sa vie, et de réaliser l’importance de la relation et la nécessité de travailler avec les autres dans cette enquête. On accorde une grande importance à apprendre à travailler ensemble sans conformisme et sans imposer une autorité psychologique.
Tous les membres du personnel - aussi bien les professeurs que ceux qui s’occupent des questions administratives, de l’entretien, du jardin et de la cuisine - reçoivent le même salaire et partagent la même responsabilité pour tout ce qui concerne l’éducation qui est le premier souci de Brockwood. La plupart des membres du personnel a de multiples fonctions (par exemple le jardinage et l’enseignement, l’administration et l’entretien) et chacun n’a d’autre autorité que celle nécessaire à son activité sans que cela ne lui confère un quelconque prestige. C’est la Direction qui coordonne toutes les activités de l’école. Mais en ce domaine comme dans la plupart des autres, les décisions importantes sont généralement prises après avoir consulté le personnel et souvent avec toute l’école.


  • La vie quotidienne à Brockwood

La journée commence à 7 h 25, heure à laquelle tout le monde doit avoir quitté sa chambre, prêt pour la journée. À 7 h 30, il y a une réunion matinale où tous ceux qui sont présents s’assoient ensemble en silence pendant dix minutes ou bien écoutent un morceau de musique ou un poème apporté par quelqu’un. Le petit-déjeuner a lieu après. Vers 8 h 20, tout le monde a fini de nettoyer sa chambre et à 8 h 25 les travaux matinaux commencent. Pendant la demi-heure de travaux matinaux, tout le monde (personnel et étudiants) assume une des nombreuses tâches journalières nécessaires au fonctionnement de Brockwood : nettoyage des sols et des salles de bains, mise en ordre des pièces communes et des salles de classe, ramassage des légumes et des ordures, cassage du bois, nettoyage des voitures, etc.
En dehors de l’aspect pratique, cela joue un rôle éducatif et psychologique important : consacrer chaque jour un moment au bien-être de tous.
Les cours se déroulent de 9 h à 13 h. Après le déjeuner, le personnel et les élèves font la vaisselle à tour de rôle. Ensuite, repos jusqu’à 15 h. Les activités de l’après-midi dépendent de la journée. Elles comprennent des cours, du sport, des réunions, des ateliers d’artisanat et d’art, du théâtre, de la danse, etc. Le dîner est à 19 h...
Le soir, il peut y avoir du chant choral ou des danses folkloriques, mais c’est avant tout un moment de rencontre et de travail personnel. Coucher vers 22 h.
Ici, le « week-end » a lieu de mardi midi à jeudi matin, afin de laisser élèves et enseignants libres quand les magasins sont ouverts. Ainsi, le samedi et le dimanche, tout le monde est mobilisable quand la plupart des invités débarquent du dehors.

  • Le programme des études

En début d’année scolaire, avant la mise en place des cours, les élèves et le personnel passent une semaine à discuter des besoins et des intérêts des élèves. Les cours sont ensuite créés en fonction de ces discussions. On encourage les élèves à avoir des programmes très complets et à ne pas envisager les différentes disciplines sous leur angle propre, mais d’un point de vue plus large en liaison avec les objectifs de Brockwood.
Par exemple, l’étude de la littérature peut être une exploration des situations humaines et ainsi contribuer à une compréhension plus profonde de l’expérience commune. Elle peut aussi être un moyen d’apprécier le pouvoir et les limites du langage. L’étude d’une langue étrangère peut aider à voir les limites de notre façon de penser (qui est déterminée par les mots) et à comprendre le contexte culturel des autres. L’histoire peut être une approche de l’histoire de l’homme qui est inscrite dans chaque individu et dans le passé. Elle peut amener une réflexion de l’étudiant sur lui-même. Les mathématiques sont une étude de l’ordre et elles peuvent permettre le développement d’un raisonnement clair et rationnel. Les sciences sont une approche systématique de la compréhension du monde matériel et de ses relations avec nous. Elles permettent aussi de développer le sens critique. L’art, la musique, le théâtre, la danse et les activités artisanales peuvent servir à explorer la nature de la sensibilité, de la beauté et de la communication. Le sport et les activités matérielles nécessaires à l’entretien de l’école sont importants pour apprendre la responsabilité vis-à-vis de notre corps et de notre environnement.
Quand un étudiant a développé une compréhension suffisante lui permettant d’établir des liens entre un certain nombre de disciplines et les objectifs de Brockwood, on l’incite à suivre un ou plusieurs cours d’Étude Générale. Ces cours familiarisent l’élève avec un apprentissage qui a un sens, et met l’accent sur la façon dont on voit les choses et sur la répercussion que cela a sur ce qui est vu. Ces cours (Un Homme Unique, Une Terre Unique, Le Mouvement Moderne et Science et Société) qui concernent tous la conscience de l’Homme, font partie du programme des études depuis sept ans et sont généralement enseignés en équipe d’au moins deux membres du personnel appartenant à des disciplines différentes. Afin que le contenu d’une matière scolaire soit plus facilement rattaché au monde dans son ensemble, plusieurs classes se sont rencontrées pendant quatre à six semaines au Brésil, en Allemagne, en Grèce, en Inde, en Italie, au Kenya et en Suisse. Nous pensons que si le contenu d’un cours n’a pas de rapport direct avec la vie quotidienne et le monde dans leur ensemble ainsi qu’avec l’étudiant, alors ce cours n’a pas de valeur. Si un cours n’a pas de rapport avec les explorations et les investigations qui sont les buts de Brockwood, il n’a guère de sens.
Compte tenu du caractère particulier de Brockwood, on ne demande jamais les livrets scolaires aux étudiants qui veulent faire acte de candidature à Brockwood. À la place, l’école essaye de déterminer comment le candidat comprend les buts de l’école et quelle est la nature de ses motivations pour s’y associer. Pour cela, le candidat est invité à venir passer une semaine à Brockwood...