vendredi 27 mars 2015

Lettre à Momo


Une fable moderne drôle et touchante

Suite à la disparition en mer de son père, Momo et sa mère quittent Tokyo pour l’île de Shio, où elles retrouvent de la famille. Momo emporte avec elle une lettre inachevée écrite par son père : qu’a t-il voulu lui dire ? 
Sur le bateau, trois étranges de gouttes de pluie tombent sur la tête de Momo.

Thèmes courants dans le cinéma d’animation japonais, Lettre à Momo traite le deuil et l’irruption d’êtres fantastiques dans la vie des humains. Les Yokais, anciens dieux destitués - menteurs, voleurs, goinfres et fourbes, entrent dans la vie de Momo. Et bien évidemment, ils vont lui en faire voir de toutes les couleurs ! Mais ils se révéleront au final terriblement attachants et drôles, accompagnant Momo dans sa perte, faisant la transition entre le monde des vivants et celui des disparus. Nous avons là un véritable récit initiatique, qui verra évoluer Momo de la culpabilité à la paix.

Hiroyuki Okiura, (Jin-Roh : la brigade des loups, Ghost in the Shell), a mis 7 ans à terminer Lettre à Momo. L’univers visuel de ce film, presque entièrement dessiné à la main, est imprégné d’une douceur légèrement mélancolique. Paysages de la mer intérieure, jardins luxuriants, plantations de citronniers : la campagne japonaise est un havre de paix où le temps semble suspendu. Dès lors, nous sommes conviés à partager l’intimité des personnages, et prenons le temps de regarder leurs visages, leurs gestes, dont le rendu soigné traduit fidèlement leur état d’esprit.

A partir de 6 ans.


Lettre à Momo de Hiroyuki Okiura, 2013, Arte Editions











jeudi 26 mars 2015

Monsieur Satie : L'homme qui avait un petit piano dans la tête (livre-disque)



En général, nous apprécions beaucoup les livres-disques des Editions Didier Jeunesse, et en particulier la collection consacrée au Contes et opéras. Une jolie manière de sensibiliser les enfants à la musique classique, d’autant que le récit et le livre rendent la musique plus concrète.

Monsieur Satie est un album somptueux, qui tourne autour de 8 récits écrits par Carl Norac, poète et auteur de nombreux albums pour enfants. Il s’est prêté à l’exercice en s’inspirant de quelques morceaux choisis de Satie, qui reflètent la complexité du personnage. Tour à tour, nous rencontrons Satie le solitaire, le précaire, le mélancolique mais aussi Satie le joyeux, Satie le rêveur,… Qui lors de ses promenades fait la connaissance d’une fille aux yeux verts, d’un facteur grincheux, d’un nuage voyageur, d’un parapluie danseur au soleil, d’un chapeau à rêves et de Madame Valladon...

Les illustrations d’Elodie Nouhen (La promesse aux étoiles, Comptines et berceuses du baobab), tendres et sensibles, sont empreintes d’une poésie délicate. Pour Monsieur Satie, elle varie une fois de plus différentes techniques : peinture, collage, grattage, apport d’imprimés de tissu ou de métal.

Monsieur Satie : L'homme qui avait un petit piano dans la tête (livre-disque). Texte de Carl Norac, illustrations Elodie Nouhen, narration François Morel, piano Frédéric Vaysse-Knitter







Une visite à Pompidou, la galerie des enfants


Pour cette visite à Pompidou dont les salles ont été réaménagées l’an dernier, j’ai proposé à Imran, 4 ans et demi, de faire le guide, et d’expliquer les œuvres d’art s’il le souhaitait. Il a donc pris plaisir à m’emmener au gré de ses envies dans le musée. Nous nous sommes arrêtés devant telle ou telle œuvre, à son rythme, pour parfois y revenir, poser des questions, observer, remarquer un détail…

Il faut bien le dire, l’art contemporain peut être drôle, dynamique, coloré, fun, pop, décalé, insolite et poétique parfois… Dérangeant, questionnant, voire bizarre aussi. En tout cas, dans un grand souffle de liberté, il ouvre la porte à toutes les expérimentations possibles ! Dès lors, tout peut-il être art ? Tous les questionnements sont permis.

Evidemment, ce sont les grandes installations qui ont le plus retenu l’attention, – en particulier lumineuses, comme celle de Olafur Eliasson, Cold Wind Sphere (2012), qui joue sur l’espace, la couleur, la lumière et ses reflets. Dès lors, il a réclamé l’appareil photo, et a bien fait une trentaine de clichés de cette œuvre, sous tous les angles possibles – assez limités, puisque l’on ne peut la voir que d’un côté.

Il a poursuivi sa visite en prenant des photos, regrettant que l’on ne puisse toucher ou  même escalader certaines œuvres qui ressemblaient plus à son sens à des structures de jeux qu’à de l’art… Comme Avalanche (2003) de Wilfredo Prieto, une suite d’objets colorés de forme sphérique se déclinant jusqu’à un bar à jus d'oranges… Drôle !
Nous avons aussi admiré Outsiderin et Arroyo grande 30.04.02-11.08.02 (2002) de Tobias Rehberge, une installation de lampes ou encore Outgrowth, de Thomas Hirschhorn, une installation de 131 globes terrestres posés sur des étagères, sur lesquels on peut voir des bosses de papier adhésif marron, symbolisant les guerres, accompagnés de quelques photos.

Faudrait-il pourvoir les musées d’une salle de fac-similés ou de copies des œuvres que les enfants pourraient toucher, appréhender de toutes les manières possibles ? Ce serait drôle…


Mais après tout, c’est déjà un peu le principe de la Galerie des Enfants… Où nous sommes d’ailleurs allés jouer ! C’était le dernier jour de Surround, une exposition-atelier sonore et visuelle, mais aussi participative, de Malachi Farrell réservée aux 3-10 ans. L’artiste utilise l’art électronique et le recyclage d’objets autour de la problématique de l’environnement, présentant par exemple les sons artificiels de l’océan parmi des déchets devant lesquels on peut s’allonger tranquillement sur un transat à l’ombre d’un rang de squelettes de poissons et de bouteilles de lait suspendus. Plus loin, des vêtements sur des cintres s’animent, dans une danse mécanisme orchestrée par les bruits de casseroles au sol. Sommes-nous des robots ? A leurs pieds, des restes d’ordinateurs. Enfin, quelques tables où les enfants peuvent jouer avec des platines vinyle détournées, pour recréer un dessin-animé à partir de dessins.

Par ailleurs, depuis plus de 30 ans, le Centre Pompidou propose régulièrement des ateliers, des rencontres avec les artistes, des stages, à destination des enfants. Ceux-ci sont invités à faire l’expérience de la création contemporaine.

Les + : les oeuvres qui peuvent parfois sembler très drôles et insolites au regard des enfants, la Galerie des enfants qui leur offre un espace d'expérimentation

Les - : la frustration de ne pouvoir toucher (ou plus) des oeuvres particulièrement tentantes pour les petites mains, la grand affluence générale (nécessité absolue de privilégier les heures creuses, comme en fin d'après-midi)


Place Georges Pompidou, 75004 Paris 

Olafur Eliasson, Cold Wind Sphere 

Tobias Rehberge, Outsiderin et Arroyo grande 30.04.02-11.08.02

Thomas Hirschhorn, Outgrowth

Galerie des enfants

Galerie des enfants


mercredi 25 mars 2015

Les meilleures revues jeunesse

 
Source: La salamandre


Bien sûr, le choix d’une revue dépend de l’âge et de la sensibilité de chaque enfant. Il y en a pour tous les goûts : les petits scientifiques, littéraires, artistes ou tout simplement curieux trouveront forcément chaussure à leur pied, car sur le marché de la presse jeunesse, plus de 20 éditeurs proposent environ 125 titres.

Avant de procéder à un abonnement – sans conteste la formule la plus économique, il sera intéressant d’emprunter ou de feuilleter les anciens numéros dans les bibliothèques qui proposent généralement un large panel de revues jeunesse.
Quand l’enfant a adopté un magazine, l’abonnement est alors une belle idée de cadeau. Et quelle joie d’attendre avec impatience le jour venu sa revue ! C’est un rendez-vous bien à lui.

Et même si l’enfant n’est pas encore lecteur, il n’y a pas de raison de bouder ce plaisir ; bien au contraire, la revue lui fournira une motivation supplémentaire, et sans aucun doute, nourrira bientôt le plaisir de lire.

Et quelle joie aussi de partager un moment ensemble à découvrir le dernier numéro de sa revue favorite, de pouvoir en parler et réfléchir. Par ailleurs, l’enfant peut aussi créer une véritable relation avec son magazine favori. Il s’attache par exemple aux personnages qui animent celui-ci, préfère certaines chroniques à d’autres…

Enfin, la presse jeunesse regorge d’occasions de penser, de rêver, de s’émerveiller, de rire et de pleurer, de comprendre, d’apprendre, de découvrir le monde sous toutes ses facettes… Un plaisir ludique, qui encouragera la curiosité ! 

Voici une sélection de quelques revues que nous avons plaisir à lire ou à feuilleter régulièrement.

Le plus inspiré Steiner-Waldorf :


Fanette et Filipin, une petite revue enchantée, qui chante l'enfance en liberté, sa fraîcheur, son enthousiasme et sa joie de vivre. Pour les 3-10 ans.


Les plus Nature et Sciences :


Wakou, pour découvrir la richesse de la nature : reportages, fiches, idées bricolages, reportages... Pour les 4-7 ans.


Wapiti, le grand magazine sur la nature, les sciences et l' environnement. Pour les 7-13 ans.


La petite salamandre, la revue d’éveil à la nature. Reportages, jeux, BD, bricolages pour découvrir et protéger la nature. Pour les 6-10 ans.


La salamandre, la revue des curieux de nature. Pour découvrir, observer et comprendre la nature, les plantes et animaux qui vivent autour de nous. Pour les + 10 ans.


La Hulotte, la revue qui vous raconte la vie des animaux sauvages, des arbres et des fleurs d'Europe. Le journal le plus lu dans les terriers. Pour les + 10 ans.


Cosinus, revue de maths et sciences (sciences de la terre, biologie, physique, chimie et astronomie) pour les enfants et adolescents. Pour les 13-18 ans.


Les plus voyageurs :


Cramcram, revue alternative fondée par des familles nomades, pour ouvrir les enfants au voyage et à la rencontre des cultures du monde entier. Pour les 6-12 ans.


Géo Ado, magazine pour la découverte des pays, des cultures et des peuples pour et par des ados. Pour les 10-15 ans.


Les plus arty et graphiques  :


Bonbek, Des histoires pas gnagnans, des jeux marrants, des ateliers créatifs géants pour les enfants. Pour les 5 à 10 ans (et leurs parents).


Anorak, des contes écrits et dessinés par des illustrateurs et graphistes contemporains, un guide 'on aime', des jeux et des activités. Pour les 6-12 ans.


Georges, magazine décalé et exigeant au graphisme épuré qui stimule la curiosité et revisite les traitements traditionnels des magazines pour enfants. Second degré garanti. Pour les 7-12 ans.


Les plus historico-artistiques :


Le petit Léonard a pour but d' éveiller les enfants à l'histoire de l'art et au patrimoine de la Préhistoire à nos jours : peinture ancienne et moderne, aux monuments, à l'architecture, aux grandes inventions, et des rubriques d'actualité, visites de musées, d'ateliers et présentation d'expositions… Pour les 6-13 ans.


Dada, première revue d’art pour enfant, alternative, 52 pages d'infos artistiques articulées autour de l’histoire, des fictions et d’ateliers d'art. Pour les 9-13 ans.


Arkéo junior, revue d’archéologie présentant la vie des hommes et les événements dans la Préhistoire, l'Antiquité et le Moyen Age à travers dossiers, enquêtes, portraits, pages actualités, visites de sites et d'expositions. Pour les 7-14 ans.


Histoire junior, fait découvrir aux 10-15 ans l'Histoire vivante à travers les témoins du passé : récits, monuments, objets du quotidien ou œuvres d’art.  Pour les 10-15 ans.

Les petits bijoux d’animation de l’Ecole d’Art de Shanghaï


Peu connus en Europe, les films de l’Ecole d’Art de Shanghaï – un patrimoine d’une grande richesse créative et d’un raffinement sans égal - méritent une reconnaissance internationale. Dans les années 60, l’Ecole d’Art, qui regroupait à l’origine trois départements - dessin animé, découpages articulés et poupées -  prend le parti d’un style national, s’inspirant des arts traditionnels chinois tels que le théâtre chanté, le théâtre d’ombres chinoises et de marionnettes, mais aussi calligraphie et peinture, ou encore les bandes dessinées, les papiers découpés, les papiers pliés, les estampes, les jouets populaires, les broderies,…

Forte de cette identité graphique, l’école d’art souhaite aussi s’investir d’une mission éducative : il s’agira avant tout d’encourager les enfants à développer leurs connaissances et leur sens esthétique,  tout en les faisant rire.

Nous avons là des œuvres d’une qualité exceptionnelle : les animations sont réalisées à partir de nouvelles techniques s’inspirant de la peinture traditionnelle du lavis, encre rehaussée de couleurs, ensuite découpée et animée. Il s’agit d’animations tendres, délicates, et au rythme lent et poétique : de véritables œuvres d’art.

En France, Les Films du Paradoxe, de même que Les Films du Préau ont acquis les droits plusieurs cours métrages ces dernières années, nous donnant ainsi la chance de les découvrir, et surtout de sauvegarder ces œuvres, dont les copies ne sont que rarement restaurées ou sauvegardées. On trouve souvent ces DVD en médiathèques. Sinon, certains festivals ou petits cinémas les diffusent, à l’occasion.

Ma sélection :
Notez que sur le site des Films du Préau, les films présentés sont accompagnés d’une présentation soignée comprenant entre autres un document pédagogique intéressant, des extraits et images du film.


La boutique des pandas (2010, Arte Editions) regroupe trois courts-métrages : "L'écureuil coiffeur" de Pu Jiaxiang, "Le hérisson et la pastèque" de Wang Borong et Qian Jiaxin, "La boutique des pandas" de Shen Zuwei et Zhou Keqin... ». 
« Un programme de toute beauté en provenance des prestigieux Studios d'Art de Shanghaï: idéal pour une première séance de cinéma. » 
Dès 2 ans.


Malin comme un singe (2010, Arte Editions) regroupe également trois courts-métrages : "Attendons demain" de Hu Xiaonghua, "Les singes vont à la pêche" de Shen Zuwei et "Le petit singe turbulent" de Hu Jingqing.
« Le singe, pour nous presque aussi exotique que le panda, tient une place importante dans l'imaginaire collectif chinois depuis des temps très anciens. C'est l'un des douze animaux du zodiaque, il symbolise l'intelligence, la vivacité et l'humour. » 
Dès 4 ans.
  

Impression de montagne et d'eau et autres histoires de Hu Jinquing, Zhou Kequin (Les Films du Paradoxe, 1981) rassemble sept films dont "Les têtards à la recherche de leur maman" , "Les trois moines". 
« Sept courts métrages d’animation. Une prouesse artistique, alliée à des contes traditionnels simples et poétiques. » 
Dès 3 ans.


La flûte et le grelot de Te Wei et Qian Jiajun (Les Films du Paradoxe, 2014) rassemble deux œuvres : "La flûte du bouvier" et "Le grelot du faon".
« Un jeune joueur de flûte s’endort sur le dos de son buffle. Commence alors un rêve extraordinaire à travers monts et vallées... C’est aussi une tendre amitié entre une fillette et le faon qu’elle a recueilli... Deux histoires poétiques aux sublimes décors peints, de paysages chinois. » 
Dès 3 ans.





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Tintin au Musée en Herbe : Mille milliards de mille sabords!


Le Musée en Herbe est un musée destiné aux enfants de 3 à 103 ans, qui fête ses 40 ans en 2015. Régulièrement, une nouvelle exposition est proposée au public, et du 12 février au 31 août, Tintin en est l’invité d’honneur, nous dévoilant son musée imaginaire.

Et qui ne connaît pas Tintin ? Depuis 86 ans, les aventures du reporter belge font rêver des générations de lecteurs. Il faut dire que pour ses enquêtes, Tintin a voyagé tout autour du monde - Afrique, Amérique, Egypte, Chine… - nous faisant découvrir les secrets de ces civilisations. D’ailleurs, pour Sylvie Girardet, commissaire de l'exposition et directrice du Musée en herbe, Hergé avait « le sens de la précision et de la documentation au service de l'imagination et du scénario. » L’auteur se sent investi d’une responsabilité pédagogique face à ses jeunes lecteurs.

Dès l’entrée, nous sommes chaleureusement accueillis par une animatrice qui nous présente un panier rempli de casquettes - un indispensable de la panoplie du petit journaliste - ainsi qu’un « carnet du petit reporter » et un crayon, afin de résoudre de petites énigmes en observant les œuvres dans le musée – mettre les enfants en situation de jeu est toujours une manière efficace et ludique de retenir leur attention…   

Nous commençons la visite par une salle consacrée à Hergé : biographie, photographies, documents et film projeté, un bureau, desquels nous apprenons quelques petites anecdotes : ainsi, Hergé n’était pas bon élève mais passait des heures à dessiner, il fut boy-scout et admirateur de Charles Lindberg,…

Ensuite, à la poursuite du trésor de Rackham le Rouge, nous avons entamé un jeu de piste à travers les œuvres (prêtées par le Quai Branly, le Louvre ou le musée Guimet) : là un sarcophage égyptien, ici, une coiffe en plumes d’aigles des Indiens d’Amérique du Nord, mais aussi une statuette péruvienne, des masques rituels africains, etc. Autant d’objets qui ont inspiré Hergé ! Les enfants peuvent arpenter librement la salle d’exposition, mais aussi s’amuser avec les puzzles disposés au sol devant certaines vignettes agrandies des albums, représentant les personnages de la bande dessinée.

Le Musée en Herbe présente ainsi une excellente confrontation entre l’œuvre fictive et les originaux, exposant un univers ludique et coloré et juste ce qu’il faut d’art et de théorie, pour le rendre accessible aux enfants dès le plus jeune âge.

Par la suite, Sylvie Girardet a pour ambition de créer un «parcours Tintin» dans les musées parisiens.

Evidemment, nous avons trouvé la pierre précieuse du trésor !

Les + : un musée enfin conçu pour les enfants où ils peuvent se mouvoir librement, de véritables pièces ethnographiques exposées, le savant mélange d’approche ludique et d’intérêt pédagogique. Le tarif raisonnable. Pour les bébés : un lieu où ranger la poussette et des porte-bébés mis à disposition. A l'étage, une librairie bien fournie et accueillante.

21 rue Hérold, 75001 PARIS








mardi 24 mars 2015

Initier son enfant à la photographie

  
Source

« Faire de la photo », tout comme créer de manière générale, apporte une réelle plus-value de joie et de bonheur dans nos vies. Ceci est également valable pour les enfants : il n’y a pas d’âge pour commencer la photographie.

1. La photographie apporte de nombreux bénéfices :

- elle nourrit la créativité : on peut imaginer toutes sortes de projets photo, à l’extérieur, dans la nature, mais aussi à l’intérieur (prendre en photo son jouet préféré, des proches, son animal de compagnie, des mises en scène,…), dans la ville, en voyage, lors d’un événement, sur des thèmes choisis, etc. Le tout pouvant être suivi d’une réalisation d’album, de livre-photo, d’une petite exposition, ou même de collages et autres activités d’arts plastiques. Les possibilités sont infinies !

- elle permet de garder des souvenirs : dès lors qu’il y a investissement émotionnel, les photos ont un côté rassurant ; l’enfant crée ses souvenirs et aura plaisir à les revisiter à ses moments perdus.

- elle permet à l’enfant de se concentrer, de focaliser son attention dans l’instant présent ;

- elle développe la curiosité : et on le sait, la curiosité, l’enthousiasme, sont des moteurs des apprentissages ;

- elle accroit la confiance en soi et l’autonomie ;

- elle nourrit le sens du beau ;

- et enfin, elle cultive le plaisir, la joie, et l’émerveillement !


2. En pratique 

En pratique, l’enfant devra être libre de photographier ce qu’il souhaite, comme il le souhaite et autant de fois qu’il le souhaite. Mon fils est parfois capable de photographier une centaine de fois le même sujet. Ce n’est que s’il le souhaite que l’on peut quitter le domaine sensoriel, ludique et intuitif pour introduire des notions plus techniques. 

Par ailleurs, regarder les photos de son enfant permet de découvrir le monde à travers son regard ; c’est là une expérience fascinante, car les enfants regardent différemment de nous, ils sont en général plus curieux, attentifs à des détails que nous ne prenons pas la peine de voir… Il s’agit d’une belle approche de l’univers d’un enfant. 


3. Quel appareil photo choisir ?

Techniquement, il sera nécessaire de choisir un appareil adapté à l’enfant, pas trop lourd, agréable ergonomiquement, facile d’utilisation, facilement manipulable, et surtout un appareil robuste.
Noter que Nikon, avec ses Coolpix S32 et S33, est actuellement le seul constructeur photographique à proposer un appareil pensé pour les enfants : compact à l’ergonomie simplifiée, design arrondi et couleur agréable, étanche jusqu’à 5 mètres, résistant aux chocs, option vidéos[1]. A moins de 100€, c’est un excellent produit - sachant qu’un appareil étanche coûte généralement plus de 200€.

Il n’est aucunement nécessaire de faire l’acquisition d’un appareil photo « pour enfant », car ceux-ci privilégient bien souvent une esthétique à la mode au détriment des caractéristiques techniques (notamment la résolution, ce qui donne des photos médiocres) - pour dire, ils sont souvent rangés au rayon jouet et ne sont pas donnés.

Il peut être amusant également de dénicher (ou de sortir du grenier pour ceux qui ont cette chance) un vieil appareil reflex argentique, ne serait-ce que pour appréhender les notions de focale, d’ouverture et de vitesse ; mais aussi pour le plaisir de l’attente du développement et du résultat.


4. Pour aller plus loin :

Comme mentionné ci-dessus, la variété des projets photo -  artistiques ou scientifiques -  n’a de limite que celle de l’imagination…

On peut aller visiter des expositions et galeries proposant le travail de photographes au public. Après tout, c’est Paris qui vu naître le 8ème art au 19ème siècle, et qui depuis, qui n’a de cesse de mettre en valeur ce patrimoine effervescent. Pour voir, admirer, s’évader, rêver, mais aussi voir le monde entier et ses habitants…

Pour n'en citer que quelques-unes (dont souvent, l’entrée est gratuite) : la Galerie Vu’ spécialisée dans la photo contemporaine, la Galerie Camera Obscura pour des artistes reconnus et moins connus, ou encore la Galerie Lumière des Roses qui met en valeur le travail d’anonymes.

En ce moment, « Qu'est-ce que la photographie ? », du 4 mars 2015 au 1er juin 2015 au Centre Pompidou, qui « choisit d’exposer le fruit de ces interrogations à travers près de quatre-vingts œuvres et documents, traversant l’histoire de la photographie et l’œuvre de grandes figures de l’art moderne et contemporain. »

Fondée en 1978, la Maison européenne de la photographie propose des visites et ateliers afin « d’initier les enfants et les adolescents à la lecture des images, de les sensibiliser aux enjeux de la représentation, de découvrir des œuvres d’artistes. »

Pour finir, une initiative particulièrement intéressante et touchante. L’association An Eye For An Eye, regards croisés d’enfants photographes, crée « des correspondances photographiques de long terme entre des groupes d’enfants en situation défavorisée à travers le monde. La photographie, enseignée comme un langage, leur donne la possibilité de se raconter leur vie en images bien que ne parlant pas la même langue et ne pouvant pas se rencontrer physiquement. » Soit 646 photos échangées depuis 2010 à ce jour.

Chaque année également, le fameux Salon de la photo à Paris propose des ateliers à destination des enfants, lors desquels un photographe explique le fonctionnement de l’appareil photo, invite les enfants à prendre des photos tout en abordant des notions techniques telle que la perspective, l’attention aux détails, etc.
Cette année, il aura lieu du 5 au 9 novembre, à Paris Expo Porte de Versailles.

Mais il existe aussi une offre d’ateliers, de stages ou de cours (généralement assez onéreux) : à Paris, Photo Up à partir de 7 ans, l’association Apprends et rêve dès 3 ans, ou encore le Bol qui fume dès 4 ans.



[1] http://www.lesnumeriques.com/meilleur-appareil-photographique-pour-vos-enfants-n35439.html